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Des Charentes au Pyrénées

17 au 23 juin

Texte - Photos des Orchidées - Autres plantes



Cela fait bien longtemps que j’ai envie de voir deux Ophrys tardifs des Charentes : Ophrys argensonensis et O.santonica. Il n’est pas forcément évident de voir les deux ensemble, le premier finissant sa floraison quand le second la commence.

A quelques uns nous avons fixé le week-end du 22/23 juin. J’ai décidé d’en profiter pour essayer de voir deux autres espèces, Epipactis phyllanthes à Oleron et Ophrys aegertica dans le Gers. J’y ai ajouté une descente jusqu’aux Pyrénées pour essayer de revoir Corallorhiza trifida, une espèce que je n'ai que peu vue dans les Alpes

La grande parade le l’Armada de Rouen étant le 16, il me reste peu de jours entre les deux week-end pour faire mon périple.



17 juin

Je pars de Rouen de très bonne heure afin de profiter au maximum de la journée pour prospecter. J’ai décidé de consacrer la journée à O.argensonensis qui doit être en fin de floraison sans attendre la sortie entre amis du week-end suivant car la semaine promet d’être très chaude.



Bois Redon
J’ai de très vieilles infos sur ce site donc j’y vais un peu à l’aveuglette. C’est grand mais il y a beaucoup de choses à voir. Énormément d’Anacamptis pyramidalis,’ des Cephalanthera rubra en pleine floraison et en plein soleil ( je ne me souviens pas en avoir vu ailleurs qu’en sous bois ou lisière), des Ophrys apifera et scolopax au labelle très rond et fleurs petites, pas vraiment typiques. Une plante me semble être l’hybride entre les deux Ophrys. Il y a aussi des Limodores fanés des Platantheres bien avancées et des Epipactis helleborinet en bouton. Je ne trouve ni O.argensonensis ni O.santonica. J’apprendrai plus tard que le premier n’est pas sur le site et que pour le second il y aurait très peu de pieds.


Le Douhet
1 -  Je trouve immédiatement O argensonensis. Ils sont en fin de floraison ( j’ai bien fait de commencer par ça). C’est très petit mais très mignon. Quand on regarde de très près au travers de l’objectif macro, les pseudoyeux semblent énormes donnant parfois un visage un peu ahuri à certaines fleurs. Il y a aussi Anacamptis coriophora fragrans en toute fin de floraison.

2 - Un peu plus loin encore des Corio  puis quelques argensonensis. Mais aussi beaucoup de traces de roues, genre quads !!

3 - J’avais une vieille infos pour les pelouses du château. Il n’y a rien, c’est bien tondu. Je cherche un peu et trouve une zone avec des panneaux informant de la présence d’orchidées rares. Hormis un pied d’Epipactis microphyla fané je ne trouve que du grand classique bien avancé.

La Villedieu
Le site est connu pour héberger argensonensis et santonica.
Je cherche un peu partout pour finalement trouver pas mal de scolopax plus fusiformes et plus gros que les précédents. Parmi eux quelques pieds sont très fucifloroides. Je finis également par trouver quelques pieds d’argensonensis.

Je suis un peu crevé et décide de me rabattre vers le camping de St Jean d’Angely. En passant je m’arrête à Aulnay-de-Saintonge pour admirer la magnifique église romane entourée d’un vieux cimetière très médiéval. C’est superbe.




18 juin

Hier, fatigué par ma journée j’ai zappé une station à Grandjean. Elle est sur la route d’Oleron. Je décide de m’y arrêter. C’eût été dommage de ne pas le faire. Il y a beaucoup d’Ophrys argensonensis. Je vois aussi des Dactyloryza à fleurs très maculata mais quand je cherche la feuille basale, son extrémité est obtuse. Donc D.fuchsii un peu déguisée en maculata. Ça ne résoudra pas trop la compréhension que l’on peut avoir de ces deux « espèces ». Mais vu que le terrain est probablement calcaire...

Direction Oleron, objectif Epipactis phyllanthes.

Je me réserve une journée le lundi 24 si je ne trouve que des plantes en bouton. J’ai deux zones à visiter. La première au Grand Village. Parking, je me gare. Et paf ! J’en trouve 7/8 ouverts. Ça commence bien. Pas vraiment coloré comme espèce mais elle est dans la boîte. Par contre je n’en trouve pas à l’endroit que l’on m’a indiqué.

J’en trouve quelques autres pieds un peu plus loin en allant vers la plage mais aussi un très joli papillon, le Cardinal, une première coche également.

Je me décide pour quelques huîtres. Ce serait dommage de s’en priver. Pas chauvin mais les cancalaises sont quand même plus iodées et plus goûteuses. Mais je ne suis pas chauvin.

J’ai pris de l’avance sur mon planning, ayant trouvé rapidement ce que je souhaitais voir ; je décide de descendre rapidement vers le Sud, le Gers pour commencer.

Il fait 35 ° C. Grâce à une appli sur le téléphone je trouve facilement un camping. C’est tranquille, en plein milieu des champs au milieu de nulle part. Je suis tout seul. Peinard, juste un faisan qui piaille pas loin. Même pas de réseau téléphonique. Comme auraient dit mes élèves « pas d’reseau, c’est la zone, vie d’sa mère ». Mais je suis bien et eux ils sont loin...



19 juin.

Ordan-Laroque.

L’objectif du jour, Ophrys aegertica, se trouve facilement. Ils sont très beaux.  Un peu différents des fuciflora classiques avec un champ basal plus brique et un labelle moins souvent étalé. Les fleurs me paraissent aussi assez grosses.

Il y a aussi beaucoup de Serapias vomeracea, très avancés.

Je reprends la route vers le « devant ma porte » de Stéphanie. Je sais qu’elle n’est pas là mais elle a eu la gentillesse de me fournir des indications.

C’est sublime. Le paradis des orchidées. Les pyramidalis et Serapias vomeracea sont en nombre. Je trouve l’hybride, encore photographiable même si très avancé.

Des aegertica, bouc, apifera, Dactylorhiza fuchsii très blancs, Gymnadenia conopsea. Ceux-ci sont en début de floraison, c’est étonnant par rapport aux normands. Ça relativise l’aspect tardif de aegertica. Un endroit magnifique et si calme où les orchidées se comptent par milliers.

Lamaguere.

Encore un joli coin avec beaucoup d’orchidées. Je pense trouver deux hybrides probables aegertica x apifera.

Je reprends la route vers le Sud, les Pyrénées, j’espère y voir les racines de corail au col de Menté. Le site a été bien perturbé par du déboisement. Je ne trouve pas ce que je cherche. Par contre il y a de jolies grassettes et de belles touffes violettes de lathree clandestine.
Je plante la tente pour deux nuits dans la vallée de Luchon.




20 juin.

Le ciel est couvert, l’ambiance humide. Je monte vers Superbagnères, espérant y trouver un peu de soleil.
Le long de la montée je fais quelques arrêts car la flore le long de la route est très belle avec beaucoup de plantes poussant sur les zones rocheuses, je n’ai pas l’habitude de cette flore d’altitude et je me régale.

En haut c’est brumeux, très brumeux. Je me promène un peu dans l’herbe haute et mouillée. Il y a beaucoup de plantes dont de très belles violettes.
Je trouve ce que je n’osais pas trop (enfin si, quand même) trouver, Nigritella gabasiana. Quatrième coche « orchidées ». Un peu plus loin quelques Dactylorhiza à peine ouvertes que j’attribue provisoirement à savogiensis. Il y a aussi quelques papillons qui ont du mal à voler a cause de l’humidité, c’est pratique pour les photographier..

J’espère une levée du brouillard mais ça ne semble pas trop d’actualité. Je redescends vers la vallée du Lys.
Il y a là-bas une station de Corallorhiza, je sais aussi qu’elles n’ont pas été trouvées cette année. Je tente malgré tout ma chance, au moins pour la balade. Et ça vaut le coup. La cascade en bas est magnifique et la montée tout autant. Évidemment je ne trouve pas ce que je cherche mais je vois quand même de bien jolies plantes dont encore des lathrées superbes. Il y a aussi quelques Neottia nidus-avis. En redescendant vers la voiture je retrouve des Dactylorhiza maculata ( on peut ajouter savogiensis si ça fait plaisir) plus ouverts que ceux de Superbagneres. Ils sont bien variables, très beaux, bien colorés. Il y a également quelques Platanthera bifolia en tout début de floraison.
Avant de rentrer au camping, je décide un détour vers l’hospice de France. Brouillard. On ne voit rien, c’est dommage car ça doit être chouette. Pas de bol aujourd’hui pour les paysages. Je trouve quand même des plantes intéressantes dont des coquelicots jaunes magnifiques et un Dactylorhiza en fin de floraison, très coloré et qui n’est pas maculata. Il semblerait qu'il soit de la mouvance majalis/traunsteineri. Compte tenu de la forme générale de la plante je penche (pas trop pour ne pas tomber) vers le second





21 juin

Il tombe des cordes. Avant de quitter le Sud je fais un tour à la station de Mourtis. Quelques neotties et c’est tout.

De la pluie jusqu’à Bordeaux, je suis pessimiste pour la sortie de demain. Mais le ciel se lève finalement et  avant d’aller planter la tente je fais un détour vers un site à Ophrys santonica près de Puyrolland. Je trouve quelques fleurs mais beaucoup de hampes sont en bouton. C’est vraiment très petit, comme picta et la large bordure jaune n’est pas toujours évidente.



22 juin.

Une petite sortie en groupe a été initiée sur le forum. En fait nous ne nous retrouvons que deux avec Sébastien à La Villedieu.  La recherche de santonica y est vaine, hormis un pied en bouton mais Sébastien me montre des argensonensis non vus lundi. Nous nous déplaçons ensuite vers Puyrolland où je montre les santonica vus la veille, nous en trouvons quelques autres. De là nous partons vers Saint-Loup sur la station déjà visitée fin mars pour les aranifera précoces. Nous trouvons à nouveau des santonica en début de floraison.


En début d’après midi nous allons à Grandjean où Sophie puis Claude nous rejoignent. Les argensonensis sont bien avancés mais Claude peut observer cette espèce qu’il ne connaît pas. Nous allons ensuite vers les sites de Douhet où nous en voyons à nouveau.
La journée a été bien remplie.


23 juin

C’est le dernier jour. Rendez- vous à été donné à Fontclaireau. J’y retrouve Sebastien, Éric et David descendu de Belgique.
Nous passons la matinée sur un grand coteau sur lequel nous observons une centaine de pieds de santonica, ce qui permet de se faire une idée de la variabilité de l’espèce, ils sont toutefois tous scolopaxoides et avec des fleurs de petite taille. Il reste également quelques scolopax en fin de floraison dont un pied à périanthe vert.

Le soleil commence à taper dur. Eric nous quitte pour raisons familiales et nous pique-niquons à trois à l’ombre. Le Pineau de Sébastien est bon mais attention avec le soleil !

David n’ayant pas encore vu O.argensonensis, nous retournons à la Villedieu pour le satisfaire.
Ici s’arrêtera ma prospection, Sébastien et David continueront ensuite vers Grandjean toujours pour argensonensis.

Ma semaine aura été riche en espèces nouvelles, 5 orchidées mais aussi bien d’autres plantes notamment dans les Pyrénées et des papillons et autres insectes. Certes beaucoup de kilomètres parcourus mais des paysages variés découverts. Cela ne peut que donner l’envie de recommencer. Je suis déjà en train de réfléchir au printemps 2020...

Merci à tous ceux, et toutes celles, qui m’ont aidé dans la préparation de mon voyage. Je n’ai pas tout utilisé mais ce qui ne l’a pas été reste au frais pour de futurs séjours.




Pourquoi caresser la vierge ????



Pour ça...




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© Philippe Burnel 2019