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De l'Aude au Var

7 au 13 mai 2021

Texte - Photos


Je poursuis cette année ma quête des espèces encore jamais observées car fleurissant en dehors des vacances scolaires. Le premier séjour ayant été une nouvelle fois annulé pour cause de Covid, je passe donc au deuxième projet de l'année qui doit me conduire de l'Aude au  Var. J'ai plusieurs objectifs premiers : Dactylorhiza insularis, Ophrys scolopax subsp corbariensis et  quercophila pour les espèces jamais vues et O. magniflora et philippi pour les espèces à revoir, et bien sûr... tout le reste !


Vendredi 7 mai

Après une nuit à Carcassonne et sous un ciel gris et un léger crachin je me dirige vers le nord de Carcassonne, à Trèbes visité en coup de vent en remontant d'Espagne en 2009.
Je suis surpris il y a très peu de plantes. Je trouve quelques Sereapias vomeracea, Ophrys incubacea, picta, lutea, virescens, Anacamptis pyramidalis. Je cherche longtemps avant de finalement trouver trois jolis pieds de l'Ophrys magniflora, un des objectifs de ma grande virée. Puis ce qui ressemble à un hybride entre incubacea et magniflora.
Il y a aussi des Ophrys aranifera.
Je me déplace de quelques centaines de mètres et gare la voiture au bord du chemin. Là aussi je trouve toujours des lutea, des virescens, des incubacea mais pas de magniflora. je rejoins la voiture et au niveau de la porte un petit pied de magniflora : mon pied n'a pas dû passer bien loin quand je suis sorti de la voiture !
Plus loin quelques Orchis anthopophora et des Himantoglossum en devenir.

Un peu avant d'arriver à Villarzel-Cabardes je m'arrête au bord de la route quelques forestieri fanés, des lutea, vomeracea, picta, pyramidalis et hommes-pendus.

Après Villarzel-Cabardes il y a une belle population d'orchis pourpre, Ophrys virescens (ou litigiosa   ?) en quantité et souvent fanés ; beaucoup de vomeracea et des lutea.
Dans un autre secteur repéré dans le livre sur les Orcchidéees de Langudoc-Roussillon  il n'y a que des vomeracea mais ils sont en grande quantité. Pas trop loin des pourpres, lutea, pyramidalis, scolopax, boucs à venir.

A Villeneuve-Minervois on m'a indiqué un secteur que je trouve facilement : Anacamptis morio, hommes-pendus Ophrys litigiosa/virescens, Serapias lingua. Mais les magniflora n'y sont pas.

Cimetière de Villardonnel quelques poupres, morios, vomeracea et des Ophrys virescens et insectifera. De belles Cephalantera longifolia sur le bord de la route mais pas possible de s'arrêter. Aucune trace de magniflora;
 
Pas loin le long de la route les débroussailleuses on massacré tout une zone. Quelques bricoles déjà vu et une Platanthera chlorantha première de la journée.

En allant vers Moussoulens, sur la commune de Brousses-et-Villaret un talus semble intéressant. Il y a beaucoup de virescens, des insectifera, et quelques militaires pas très costauds.
 
Je vais à Moussoulens, la cohorte des espèces déjà vues est bien présente :Vomeracea, picta, lutea, homme-pendu,
Je trouve deux hybrides magniflora x passionis. Puis un autre hybride plus petit qu'on m'avait signalé comme magniflora x passionis mais qui est plutôt magniflora x virescens, ce dernier étant à proximité. Je trouve passionis à une centaine de mètres. Avec difficulté je trouve 4 ou 5 pieds de magniflora
 
Vers Pennautier je vois de beaux Ophrys incubacea et lutea.
 
Avant de retrouver mon hôtel, le camping n'est toujours pas ouvert, je fais un tour dans la cité de Carcassonne bien vide, tous les restaurants étant fermés. Quelle tristesse !



Samedi 8 mai
 


J'ai décidé de prendre la route vers le sud de Carcassonne. Première arrêt à Palaja, pech de l'homme, il y a des Ophrys lutea, incubacea, virescens, scolopax, Serapias vomeracea, pyramidale. Nulle trace de magniflora.

Un peu plus loin le long de la route, je trouve un joli Ophrys virescens à périanthe rose rose.

Puis vers fajac, enfin quelques magniflora. Mais j'ai ensuite rendez-vous avec Thomas Romanoff pour explorer quelques secteurs dont un sur lequel il a vu des hybrides entre magniflora et picta. J'arrive un peu en avance et voit rapidement des hommes-pendus, des vomeracea et des magniflora. Enfin ce qui me semble un hybride potentiel.
L'hybride tire beaucoup sur magniflora et il n'est pas « évident » toutefois les grandes bretelles de la macule et la cavité stigmatique claire sont de bons indices

Thomas arrive et nous explorons la zone qui est très intéressante et effectivement nous trouvons encore quelques hybrides. Plus loin nous découvrons une zone très riche avec beaucoup de magniflora. Ils sont superbes et bien typiques.

Nous nous déplaçons ensuite vers une autre zone où il y a encore beaucoup de plantes.
Nous voyon
s magniflora, incubacea et l'hybride potentiel mais aussi des virescens et lutea..
En fouillant  nous voyons une zone où il y a de très nombreux hybrides entre incubacea et magniflora, tous plus beaux les uns que les autres.

Nous finissons par deux magnifiques hybrides entre Orchis militaris et Orchis anthropophora, de beaux militaires-pendus.

Ce fut vraiment une très belle journée en compagnie de Thomas, nous avons vraiment vu beaucoup de plantes et je l'en remercie. J'avais prévu de poursuivre jusqu'à Talairan mais cela me semble inutile compte-tenu de tout ce que j'ai vu aujourd'hui.


Dimanche 9 mai
Direction Bouisse


Dans cette région j'espère voir une espèce encore jamais observée et que l'on ne trouve en France continentale que dans ce secteur : Dactylorhiza insularis.


En route je repère un petit champ avec de jolis Cephalanthera longifolia, Andorchis mascula et hommes-pendus.

A Villardebelle le vent est fort, l'application météo donne 50 km/h. Je trouve beaucoup d'Anacamptis morio et quelques mascula. Puis enfin un pied de Dactylorhiza insularis mon premier, puis un second.

Arrêt suivant je suis sur la commune de Bouisse. il y a beaucoup d'Orchis mascula au bord de la route et des morio dans un grand champ. Je vois de loin les hampe jaunâtres des insularis. Il y en a beaucoup ; nombreuses sont celles qui présentent les petits points rouges mais aucune n'a la grosse tache de la variété bartonii. Au dessus de ce premier point le pré est moins riche. Au loin on aperçoit les sommets enneigés des Pyrénées. Je trouve deux plantes bien jolies, au lieu d'avoir de 0 à 4 points elles en ont plein. Ce n'est qu'après monj retour, sur le forum, qu'on me fera remarquer que ce sont des D. sambucina jaunes. J'avoue que, sur place, cela ne m'a même paas effleuré l'esprit. En tout cas elles étaient bien camouflées

Je me déplace vers un autre secteur à Bouisse, moins riche toutefois Une insularis de loin m'interpelle en fait c'est un Androrchis provincialis. Un peu plus bas, une jolie petite touffe de Neotinea ustulata. Puis d'autres provincialis au bord du chemin en redescendant. En contre-bas je suis surpris de voir Neotinea maculata, une espèce que je n'avais pas vue depuis de nombreuses années. Il y a aussi un joli groupe de lutea et des hommes pendus.

Je prends la route vers Mouthoumet et le col des fourches pour ne trouver que des espèces déjà observées : Pourpres, lutea, homme-pendu, morio, provincialis.

Comme j'ai du temps devant moi, je me décide à poursuivre vers Talairan que j'avais zappé la veille. Le chemin des orchidées est très décevant : peu d'espèces et peu de plantes. Toutefois Ophrys arachnitiformis attardé se laisse observer, ainsi que lutea, homme-pendu, pyramidale, vomeracea.

Sur la colline en face ce n'est guère mieux des lutea, un picta. Je trouve, avec beaucoup de difficultés, deux pieds de magniflora puis, en retournant vers la voiture, quelques Orchis militaris dont trois très beaux hypochromes
.




Lundi 10 mai


Je prends de bonne heure la direction de Leucate. Très facilement je trouve l'hybride magnifique entre Ophrys apifera et Ophrys speculum et un peu plus loin une plante me semble être l'hybride apifera X corbariensis.
Plus haut dans la garrigue  je trouve un joli pied de corbariensis avec deux fleurs bien ouvertes . C'est vraiment un scolopax tardif avec de très grosses fleurs ; on ne peut se tromper.
En cherchant un peu je trouve un deuxième pied moins haut.


À la Franqui j'ai un point pour l'hybride apifera x corbariensis je trouve effectivement un hybride avec apifera mais plutôt avec picta qui est juste à côté beaucoup plus petit que les corbariensis que je viens de voir. Ce nouvel hybride est également beaucoup plus avancé et beaucoup plus petit que celui vu précédemment, signe évident de picta plutôt que de corbariensis.
À proximité il y a quelques corbariensis bien gros en début de floraison et pas mal de picta qui sont sur les dernières fleurs.
En me dirigeant  vers un autre point je trouve de beaux apifera et quelques lutea
Je vais à Treilles pour trouver corbariensis et magniflora, sans succés. Quelques lutea et picta.
Les recherches ayant été infructueuses dans cette zone je décide de me diriger vers Salses où il y aurait une belle station de Anacamptis palustris mais je sais qu'il est probablement très tôt.
Il n'est en fait pas si tôt et il y en a énormément en fleur. Je suis content de voir cette espèce que je ne connais que d'un site normand où ils s'hybrident allègrement avec A. laxiflora ; ma dernière visite avait été très décevante. Là c'est vraiment un régal, la zone est immense et il y a beaucoup de plantes très belles et ttrès pures.  Il y a aussi des S.vomeracea en quantité et quelques apifera.


Mes objectifs de la journée étant largement atteints je décide de retourner vers Carcassonne et plus précisément Moussoulens pour explorer quelques zone que Thomas m'a envoyées et que je n'avais pas vues il y a quelques jours. Je pense que je n'avais pas vraiment les yeux en face des trous. Les O. magniflora sont bien sortis, je trouve des hybrides bien jolis : O. picta x virescens, magniflora x passionis, passionis x lutea, Op magniflora x picta à tendance picta.




Mardi 11 mai

Je prends la route vers Montpellier l'objectif est de voir Ophrys quercophila. le premier arrêt sur la localité type est fructueux, je trouve rapidement trois pieds en tout début de floraison de ce scolopax tardif.

Je vais ensuite rendre visite à Rémy Souche. Accompagnés de Michel Nicole, nous faisons une petite balade pour voir Dactylorhiza occitanica sur son locus typicus, Anacamptis laxiflora, Platanthera bifolia.

Après cette rencontre fort sympathique je me dirige vers Conqueyrac où je retrouve encore quelques pieds de quercophila. La zone est assez riche avec notamment des tapis de lutea.





Mercredi 12 mai

Direction le Pont du Gard pour commencer par une visite touristique ; ensuite je trouve assez facilement deux stations de quercophila que l'on m'avait parfaitement indiquées Il y a également des limodores encore en bouton, Ophrys fuciflora subsp demangei et Cephalantera damasonium.
L'Ophrys quercophila est quand même particulier car même si la fleur ressemble beaucoup à scolopax voire à vetula le port est beaucoup plus haut, plus laxiflore.
A Ledenon je trouve à nouveau quercophila avec vomeracea  puis O. splendida. Au coin d'une oliveraie fraichement tondue, je trouve un bel hybride entre quercophila  et  splendida. Elle a eu chaud, la débroussialleuse n'est pas passée loin !
Je pense qu'il s'agit d'une trouvaille mais Rémy Souche m'informera le lendemain qu'il a déjà été vu pas trop loin mais répertorié sous le nom scolopax X splendida. Dommage je n'aurai pas "ma" trouvaille.

Petit tour à la combe des Bourguignons, pas de plantes mais balade sympa permettant d'apprécier le mode de vie des agriculteurs d'antan.
J'ai le projet d'aller visiter un autre site mais le GPS de la voiture me fait passer par Nîmes et je perds beaucoup de temps dans les embouteillages. Le couvre-feu approchant je renonce. Ce sera certainement pour une autre fois car tout ce secteur semble réellement bien intéressant.




Jeudi 13 mai. Rapide passage dans le Var

Je me dirige vers Belgentier pour voir Ophrys philippi . Je ne trouve qu'un pied fleuri, pas très beau, les autres sont encore en bouton. Je prends la direction de Siou-Blanc ou je ne suis jamais allé. J'ai de vieilles données, je ne sais pas si elles sont encore valables. Je me rends compte de la difficulté pour explorer la zone qui est immense et nécessite beaucoup de marche. Je me contente de deux zones ; sans succès.
Mais un autre rendez-vous m'attends et je ne peux y passer la journée.
Ce rendez-vous se fera grâce à Didier Dambreville qui me donne les coordonnées pour aller voir dans la plaine des Maures l'Ophrys tenthredinifera neglecta qui est encore tout à fait potable.
Je trouve très facilement ce sera le point d'orgue de mon séjour, la dernière espèce vue..


Quoique que... Didier m'envoie un message, il vient de trouver un beau lusus d'Ophrys vetula. Je me rends sur place et y retrouve Didier. La zone est riche en vetula. Nous trouvons deux autres lusus ainsi que l'hybride apifera X vetula. Ce devraient être les dernières plantes vues...

Quoique... Comme je passe la nuit au camping « Les Bruyères » bien connu des orchidophiles, je fais un petit tour et constate qu'il y a encore de bien jolis Anacamptis papilionacea. La propriétaire me montre également un hybride entre papilionacea et picta un peu fatigué. Je constate qu'elle connaît très bien toutes les espèces qui poussent dans son camping. Elle me montre ainnsi quelques Serapias neglecta  et S. olbia

Cette fois ce seront vraiment les dernières espèces du séjour. Je devais remonter par l'Aveyron mais doit remettre ce projet à une autre fois.

Le bilan est très positif 43 espèces observées dont 4 nouvelles et 13 hybrides

Un grand merci à tous ceux (et ils sont nombreux) qui m'ont permis de préparer cette tournée pour qu'elle soit la plus efficace possible et à ceux qui ont pris un peu de leur temps pour m'accompagner, Thomas, Rémy et Michel, Didier.




Texte - Photos

© Philippe Burnel 2021