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De l'Ardèche aux Alpes

19 au 27 juin 2021

Photos des Orchidées - Autres plantes



L'objectif de ce séjour est de continuer à découvrir les espèces que je ne connais pas encore mais également de revoir quelques espèces alpines.


Samedi19 juin

Descente vers Valence et un premier arrêt pour photographier des guêpiers. Il y en a beaucoup mais le ciel est blanc et les photos sont un peu en contre-jour (merci au programme de retouche photo). Je me dirige ensuite vers La Voulte où j'ai beaucoup de pointages pour des Epipactis malheureusement les sites sont tous remplacés par des champs de céréales, de kiwi, ou de luzerne.
J'ai prévu un arrêt dans un camping à Beauchastel mais, quand j'arrive, il y a au moins 200 jeunes avec des petites tentes ;  visiblement en sortie de classe. Je me dis que la nuit ne sera pas vraiment calme et me rabats sur un autre camping où je profite allègrement de la piscine.

Pendant que je mange je repère un gros insecte volant, je l’attrape. C'est une femelle rhinocéros, Oryctes nasicornis.






Dimanche 20 juin

Une journée ensoleillée qui commence mal. Je me dirige vers une peupleraie pour observer Epipactis rhodanensis que je trouve après avoir traversé un bois dense avec des hautes herbes alors que les plantes sont au bord du bois ! Dans la peupleraie évidemment je perds le bouchon puis le pare-soleil de mon objectif... Ça commence vraiment mal.

Sur le deuxième site je dois trouver Epipactis fageticola. Il y a beaucoup de pieds mais ils sont déjà tous en graine ce qui me semble étonnant pour cette espèce. Je ne comprends pas !!!
C'est en fait à découvert, tout près de la voiture, que je vais trouver quelques pieds d'Epipactis en pleine floraison. Ce sont des rhodanensis, plus ouverts que les précédents.

Encore beaucoup de plantes en graine, c'est vraiment bizarre quand soudain l'idée me traverse l'esprit ce ne sont pas des Epipactis mais des Cephalanthera damasonium... Idiot !!!

Dans une autre peupleraie proche je retrouve des E. rhodanensis mais également un autre Epipactis en bouton, ce sont des E. fageticola. Malheureusement il ne sera pas possible de trouver des pieds fleuris.

À Le Pouzin les pointages que j'ai, près du pont, me conduisent dans des fourrés denses et très piquants. Je n'aurais pas dû mettre le bermuda.
À Loriol je ne trouve que deux pieds de rhodanensis et rien au barrage de Saulce.

Je décide un petit détour vers la Laupie sur un site visité l'année dernière pour voir où en sont Epipactis tremolsii et Ophrys fuciflora subsp montiliensis. Les Epipactis sont fanées mais les Ophrys ont encore quelques fleurs sommitales correctes.

Meysse : il y aurait Epipactis provincialis. Je trouve des plantes bien avancées et difficiles à identifier.
Je prends la route vers Vallon-Pont-d'Arc, l'orage gronde, il y a même de la grêle. Je décide un arrêt pour essayer de voir Epipactis provincialis J'en trouve mais il sont très avancés quelques pieds ont encore une ou deux fleurs potables. Ce sont bien les mêmes qu'à Meysse.
Je m'installe dans un camping au bord de l'Ardèche.





Lundi 21 juin



La journée commence bien ! Dans le bac à vaisselle du camping je trouve un magnifique mâle rhinocéros. Il est un peu mou mais se remet vite sur pattes.

J'ai rendez-vous avec Nicolas Helitas et Elisabeth Gaillard dans le village de Joyeuse au si joli nom. Nous devons aller voir une variété précoce d'Epipactis helleborine : castanearum. Nous en trouvons beaucoup parmi les châtaigniers. C'est un petit helleborine un peu précoce vivant sous les châtaigniers avec quelques caractéristiques morphologiques légèrement différentes.
Nous nous déplaçons ensuite vers Rochecolombe pour Epipactis provincialis mais il y en a peu et ils sont tous grillés. Par contre il y a beaucoup d'insectes dont de très nombreux papillons et une empuse qui se régale d'un téchla. Quelques Cephalantera rubra encore fleuris et E.microphyla en graine.

L'après-midi sera touristiques avec la visite du joli village de Balazuc puis ensuite les gorges de l'Ardèche depuis Vallon-Pont-d'Arc jusqu'à la vallée du Rhône. Après avoir traversé les champs de lavande en fleur, je passe la nuit à Grignan avec un orage terrible.




Mardi 22 juin

Visite de Grignan puis direction Salles-sous-Bois au milieu des champs de lavande. J'avais visité le site en 2020 et rien trouvé, en fait je m'étais trompé de quelques dizaines de mètres et connaissant maintenant mieux le biotope de l'Epipactis provincialis, j'en trouve quelques pieds mais ils sont déjà tous en graine

À Taulignan je cherche des Epipactis fageticola le long d'un petit ruisseau je trouve quelques pieds encore en bouton et des helleborine en début de floraison le long du talus ; je vois également quelques fageticola peu avancés. Finalement j'en trouve pas mal dont un petit groupe les pieds dans l'eau du ruisseau mais aussi au bord de la route
Il y a également Epipactis microphyla en graine et Neottia nidus-avis

Un peu plus loin en cherchant Epipactis provincialis grillés je retrouve des Ophrys fuciflora subspc souchei observés l'année dernière et qui ont échappé à la tondeuse municipale..

À Montbrison je retourne sur une zone explorée en 2020. Il y a encore de belles Cephalantera rubra et beaucoup d'Epipactis trémolsii plutôt sur la fin. Beaucoup d'Epipactis grillés dont microphyla, peut être provincialis, des helleborine, ce ce qui me fait douter de l'état de précocité de la variété castaneorum. Il y a quelques Epipactis en bouton peut-être fageticola. J'ai déjà du mal quand les Epipactis sont en fleurs alors quand ils sont grillés ou en bouton n'en parlons pas.

Je prends la route pour Valouse en passant par Nyons pour faire une provision d'huile d'olive AOP. A Valouse j'ai deux sites indiqués. Le premier ne me donne strictement rien le deuxième est beaucoup plus intéressant outre des Gymnadenia odoratissima en fin de vie il y a beaucoup d'Epipactis. Et ils ne sont pas sans poser des problèmes ! Quelques-uns en bouton semblent être fageticola par contre la majorité est très intrigante avec un air d’atrorubens sans l’être. Le feuillage ressemble beaucoup mais les callosités à la base sont beaucoup plus lisses de plus la couleur est beaucoup plus variable et d'un rouge beaucoup moins intense quand elle est rouge. Intrigant ! Sans doute une forme d'Epipactis helleborine un peu spéciale
Sur de nouvelles indications de Jean-François je retourne vers le col de Valouse. Là je trouve quelques Ophrys gresivaudanica en fin de floraison. Contrairement à ce que pensent certains se n'est pas la même chose que santonica.
Je prends la route vers Gap en traversant les Baronnies Provencales. C'est très beau.





Mercredi 23 juin

Après avoir passé la nuit à La Roche des Arnauds, je me dirige de bonne heure vers Céüze. C'est une ancienne station de ski logée au creux d'une montagne en arc de cercle. Dans la montée j'ai la surprise de rencontrer Jean-Marc Ringenbach et son épouse. Nous ferons un bout de chemin ensemble. Nous observons Gymnadenia conopsea et les premières Nigritella rhellicani et un pied isolé de corneliana ainsi que Coeloglossum viride.
La vue sur le massif de Dévoluy est magnifique.

Je redescends seul de mon côté et trouve de nombreuses Nigritella rhellicani, dont certains pieds sont un peu plus clairs (variation ou influence de corneliana ?) mais aussi Traunbsteinra globosa que je suis bien content de revoir. La flore est riche, c'est un enchantement.

Cerise sur le gâteau j'observe de jolis l'ascalaphes blancs (Libelloides lacteus) et un superbe mâle de Phylaeus chrysops, une araignée-sauteuse à l'abdomen rouge sang.
Après un pique-nique bien mérité je file vers le Col du Noyer, dans la montée duquel il y a beaucoup de Dactylorhiza fuchsii, puis le col de la Saume. J'y observe Neotinea ustulata. Le paysage est magnifique mais le vent et frais. G. conopsea, N.rhellicani, Dactylorhiza sambucina  J'apprendrai un peu plus tard qu'il y a l'hybride fuchsii X sambucina mais je l'ai loupé. Dommage. Je trouve une nigritelle, ronde, floraison plus avancée, elle ne semble pas avoir de denticules sur les bractéees, je pense donc à N. austriaca, cette hypothèse ne sera pas retenue par les spécialistes qui y voient juste une rhellicani déguisée. Quelques Traunsteinera.

Les jambes commencent à faire mal. Le soir à Embr
un au camping un magnifique mâle de lucane cerf volant vient me rendre visite.



Jeudi 24 juin

Direction Briançon
Marais du Bourget à Cervieres. Il y a beaucoup de Dactylorhiza cruenta, incarnata, hyphaematodes et alpestris. De quoi y perdre son latin. On peut voir tous les intermédiaires entre  incarnata qui a des feuilles non maculées, cruenta aux feuilles un peu étalées et maculées sur les deux faces et hyphaematodes dont les feuilles plus dressées sont quasiment entièrement colorées de brun-pourpre sur les deux faces. Quel statut accorder à toutes ces formes ?
La troisième partie vers le col de Peas est magnifique : Corneliana, Coeloglossum de belles gentianes et une foule de plantes.
Au Col du Granon je retrouve quelques corneliana à peine ouvertes, des sambucina sont encore en bouton quelques Coeloglossum, des D.alpestris je décide de redescendre un peu la vers des sites repères et dans la montée. Nigritella corneliana, Dactylorhiza sambucina  et D. alpestris, Neotinea ustulata sont faciles à trouver le long de la route.

Je m'installe pour quelques jours dans un camping à Le Monetier, sur la route vers le Lautaret.


 


Vendredi 25 juin

Après un petit détour vers Serre-Chevalier pour observer les lis orangé (Lilium bulbiferum) je prends la route vers le Lautaret.

Je trouve de beaux Dactylorhiza cruenta, alpestris et G. conopsea après le tunnel du Rif Blanc.

Au col du Lautaret, les moutons sont là mais je trouve pas mal de rhellicani et corneliana, plus loin les lis martagon sont en bouton, je n'aurai pas la chance d'en voir en fleur.

Au Vallon des Roches noires la neige est encore bien présente, surtout vers le fond du vallon, c'est donc l'occasion de voir des fleurs précoces telles que les pulsatiles, soldanelles, gagées. Les nigritelles sont en bouton, les marmotes se promènbent. Au retour, vers l'entrée du vallon je vois beaucoup de Nigritella corneliana dont la variété bourneriasii

Je me dirige vers le lac du Pontet où il y a beaucoup de Dactylorhiza alpestris, incarnata et des cruenta. Mais rien n'est facile avec les Dactylorhiza.
La vue depuis le lac vers la Meije est superbe.



Samedi 26 juin

J'ai rendez-vous avec Gilles, Damien et Nenex au col du Galibier.



Comme je suis un peu en avance je fais un nouvel arrêt sur le bord de la route au-dessus du tunnel du Rif blanc je trouve d'autres secteurs que ceux vus hier avec des Dactylorhiza alpestris « de course « et de beaux cruenta bien typiques. En fait un incarnata costaud avec des taches sur les deux faces des feuilles. Cela ne mérite pas une espèce, à mon avis.

Gilles a décidé de nous transformer en chamois, il nous fait grimper dans les cailloux et la neige jusqu'à une arête vertigineuse mais on y découvre de très nombreuses plantes alpines d'altitude que je ne connais absolument pas, la Nature est merveilleuse. Je n'étais pas trop rassuré mais ça valait le coup, jamais je ne me serais aventuré seul dans un tel environnement.

Nous redescendons pour manger au col du Lautaret puis explorons diverses zones que je n'avais pas explorées la veille il y a beaucoup de Dactylorhiza cruenta et surtout alpestris, des orchis grenouille des orchis globuleux, des Gymnadenia conopcea puis des Pseudorchis albida, une espèce que je n'avais pas vue depuis longtemps et encore toute une flore variée.

Ce fut une journée épuisante mais magnifique en très bonne compagnie.





Dimanche 27 juin

Secteur du col du Glandon - le Sapey
Il y a beaucoup d'Orchidées : conopsea orchis brûlée, Platanthera chlorantha Dactylorhiza fuchsii et sa sous-espèce (ou forme?) psychrophila très grêle, Incarnata pâle, D. traunsteineri, D. savogiensis,  listeres. Je ne trouvve pas les Herminium.
Des hybrides avec incarnata et beaucoup de Dactylorhiza bizarres, j'abandonne l'identification.
C'est un secteur qui est très riche et je pense y retourner dans les années à venir mais la fatigue du séjour commence vraiment à se faire sentir.

Au-dessus de la route : conopcea orchis brûlée nigritelles, orchis globuleux

En remontant vers le glandon je vois quelques sambucina fanées et Pseudorchis albida parmi les myrtilles.

Au Col de la Croix de fer il y a corneliana, rhellicani, conopsea, mascula, albida, alpestris, sambucina, Platanthere bifolia. Les libellules s'en donnent à cœur joie au-dessus de la zone humide.

Ce sera la dernière promenade du séjour, je décide de rentrer dans l'après-midi vers la Normandie, un peu saturé par le camping et en absence d’hôtel dans le secteur proche.

Une très belle semaine

Merci à Jean-François Tisserand, Olivier tourillon, Guy Lamaur, Gilles grobel pour les renseignements et leur aide.



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